© Adagp, Paris, 2019, Izabela Kowalczyk / izabelakowalczyk(at)hotmail.fr      Dernière actualisation 30/10/2019 

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Reliefs

 

Les premiers Reliefs ont été réalisés à l'occasion de la manifestation L'Art Renouvelle le Lycée 2012, organisée par la galerie Passage de l'Art.

Son thème - L’excès - je l'aborde dans le sens d'un dépassement des limites de l'image plate, bidimensionnelle et de l'ouverture vers d'autres dimensions.

Dans un premier temps j'ai remplacé le support habituel de mes tableaux (toile sur châssis) par un support rigide en bois. Ensuite j'ai approfondi littéralement la dissociation du fond et de la forme de mes images, en découpant la forme du fond et en l'accrochant directement sur un mur à distance de celui-ci de 8 cm.

Les formes flottent sur le mur qui devient le nouveau fond. C'est un travail à mi-chemin entre la peinture et la sculpture.

Cette relation entre la forme plate et le volume est très sensible dans l'étape de conception de tous mes travaux, aussi bien picturaux qu'en volume, cruciale pour leur réalisation - découpage des formes en papier qui résulte d'une nécessité intuitive de l’expérience de l'espace.

 

Les Gravitations d'Eduardo Chillida sont les lieux où se rencontrent les gravures et les sculptures de l'artiste.

Les points communs entre mes peintures sur toile et les objets en volume sont  des éléments  mis en  balance   entre   des   motifs   encore   reconnaissables   et   formes   purement    plastiques,  la création d'es-

Izabela Kowalczyk, Relief 9, 2013, photo © Julia Gat Photography

paces à partir de formes bidimensionnelles, des plans qui s’interpénètrent, le rapport de la forme à l’espace du tableau. Le jeu des couleurs et des contrastes crée différents plans, une profondeur.

 

Ces événements picturaux sont avant tout formels mais quelque chose de la figuration demeure. Le point de départ de la forme abstraite est bien souvent nourri de formes plus figuratives véhiculées par la réalité quotidienne. Je suis persuadée que la véritable abstraction n'existe pas en dehors de l'idée de l'abstraction. Plus que par l'abstraction je suis intéressée par l’étrangeté de la forme obtenue, la multiplicité de sens qu'elle évoque.

Le hasard joue un rôle important dans mon travail. Au début j'ai une idée très vague de ce que je veux faire. Je commence par poser des morceaux de papier librement et j'observe ce qui se passe. La recherche est souvent longue. Si je suis vigilante, parfois quelque chose arrive. L'image se laisse suivre et petit à petit quelque chose apparaît.

 

Dans les pièces en volume les plus récentes, en référence au travail d'Eduardo Chillida, j'introduis l'espace (le vide) dans la matière (le plein), à la recherche d'un équilibre. Ce processus allège optiquement la composition. Elle devient plus « aérée ». Les pièces apparaissent alors comme des fragments d'un ensemble plus vaste, le vide rendu sensible.

 

Les éléments découpés en bois sont joints à l'aide de petites charnières en métal et de vis. Les charnières ont plusieurs fonctions. Elles unissent les éléments tout en gardant une fine ligne de séparation entre eux. Cette ligne ainsi que les bords nets de chaque forme fonctionnent comme un dessin. En plus de la possibilité d'un mouvement réel (pliage léger des éléments) les charnières introduisent dans la pièce l'idée d'un mouvement imaginaire, beaucoup plus ample. Cette possibilité du mouvement présente dans les volumes correspond à des effets de transparence, également illusoire puisque peinte, dans les tableaux sur toile.

 

La coexistence de ces deux types de travaux suggère une mise en question de la nature de l'espace, entre espace physique et mental. Chaque approche désigne un point de l'espace étrange, difficile à situer, à travers une dialectique entre d'un côté l'image bidimensionnelle et l'espace tridimensionnel et d'un autre le trajet inverse.

Izabela Kowalczyk, 2013