© Adagp, Paris, 2019, Izabela Kowalczyk / izabelakowalczyk(at)hotmail.fr      Dernière actualisation 30/10/2019 

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Luc Jeand’heur

Catalogue de l’exposition « Prix Mourlot 2010, dixième édition »

Galerie Mourlot, Jeu de Pomme, Marseille, 2010

 

 

La table incarne la même idée que le tableau : « l’idée de l’endroit de la rencontre » (table-au). Pour l’un comme pour l’autre, quelque chose se crée et se finit, puis les interprétations narratives s’estompent et la peinture reprend ses lois et son silence.

Les tableaux en voie d’abstraction d’Izabela Kowalczyk informalisent le figuratif en une superposition d’accords de formes et des couleurs qui laisse venir à elle l’imagination, celle d’une scène et celle d’un espace. Le tableau est littéralement envisagé comme un lieu et comme un cadre. Si le signe de l’objet est récurrent dans son œuvre (les chaises de Dialogue ou les objets-peintures), les tables et leurs services sont détournés de leur prosaïsme suivant un fétichisme distancié qui leur conserve une charge de symbole et d’émotion, comme des motifs communs à toutes les terres étrangères les unes aux autres.

 

Des objets de passages et d’échéances sont mis à plat à la façon d’une représentation vectorielle par une technique mixte de rouleau, de pochoir et de pinceau qui invente une « espèce de tableau » originale dans l’esprit d’estampage et du monotype.

Le tableau recadre des plans parallèles hantés d’objets qui semblent émerger ou quitter leur enveloppe, comme une superposition de calques qui rend la profondeur d’une perspective intuitive et produit une sensation de formes en mouvement.

Ce qui importe n’est plus tant la ressemblance que la composition issue de cette rencontre singulière entre abstraction et figuration. Une tabula rasa comme dynamique du recouvrement et de l’apparition.

 

©photo : Emmanuelle Germain